"Lors de l'adoption de la loi du 6 juin 2000 sur la parité, ma première réaction fut la réticence : il me semblait qu'imposer ainsi la présence des femmes, sur la base d'un système purement mathématique, revenait à leur jouer un mauvais tour", déclare Sophie Auconie, députée européenne et présidente de Femmes au Centre.

"Aujourd'hui, force est de constater que cette loi a eu deux effets bénéfiques : d'une part elle a permis d'augmenter sensiblement le nombre d'élues en France, d'autre part elle a contribué à faire évoluer les mentalités.

Je reste convaincue que l'émergence des femmes en politique doit s'appuyer avant tout sur leurs compétences et leur valeur ajoutée. Cette loi était nécessaire car l'inertie d'un monde politique majoritairement masculin réclamait un instrument juridique contraignant.

Les débats sur la réforme du scrutin territorial, prévue sur un mode de scrutin uninominal à deux tours, l'illustrent à nouveau : sans mesures contraignantes, le nombre de femmes élues régressera.

Toutefois, la véritable parité ne sera atteinte que lorsqu'elle sera devenue naturelle et aura rendue cette loi superflue", conclue-t-elle.


Date de publication : 07/06/2010

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