Lors d'une récente interview, Marine Le Pen a déclaré "qu'il fallait faire des économies, notamment sur les 20 Milliards que l'on verse chaque année à l'Union Européenne pour contribuer à nous détruire. Si on récupérait ces 20 milliards, ça ferait déjà une sacrée économie".
 
Quelle étroitesse d'esprit ! Quelle tristesse que la pauvreté de votre réflexion européenne ! Il est affligeant de constater combien vos messages sont étriqués et navrants.

 
Il est vrai que la France a versé 18,9 milliards d'euros à l'Union Européenne dans le cadre de sa contribution communautaire pour 2009. En contrepartie, la France est bénéficiaire d'un certain nombre d'actions communautaires. La Politique Agricole Commune, la politique régionale qui soutient l'innovation, la formation professionnelle et l'insertion sociale notamment, le soutien à la mobilité des jeunes (Erasmus, Léonardo, etc.) sont, parmi bien d'autres, autant de leviers économiques et sociaux versés par l'Union européenne à la France.

 
Alors, même si une approche uniquement comptable est contraire à l'idée que je me fais de l'Union européenne, fondée sur le principe de la solidarité, je voudrais rappeler ici que pour les deux dernières années pour lesquelles nous avons des chiffres fiables, soit 2006 et 2007, la France se place au premier rang des bénéficiaires des dépenses de l'UE ! En 2007, le solde net pour la France est de - 3,5 milliards d'euros... bien éloignés de ces 20 milliards jetés en l'air !


Pour ce qui concerne "la capacité de l'Europe à nous détruire", je soumets à la démagogie simpliste de Madame Le Pen le défi de présenter ce que seraient notre agriculture, nos régions, notre système économique, notre société dans une Europe où la méfiance prévaudrait, où chaque Etat serait plus soucieux de se protéger de son voisin que d'échanger avec lui, bref ce que serait la France sans l'Europe dans cette compétition mondiale où seule l'Union fait la Force.


Date de publication : 08/03/2010

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